Parole d’entrepreneur

avril 2022

Paul Bougnoux – Président Co-Fondateur Largillière Finance

wwww.largilliere-finance.com

Paul Bougnoux grandit à Troyes, ville bonnetière, où ses parents entrepreneurs développent une activité de négoce et de chaîne de magasins dans le textile. Il baigne dès le plus jeune âge dans un environnement d’entrepreneuriat avec ses joies et ses peines, l’absence d’horaires, le sens du travail, et la recherche permanente de l’amélioration. Des valeurs fortes qui guident son action depuis toujours.

Paul quitte Troyes pour faire ses classes préparatoires aux grandes écoles à Paris. Il est diplômé de l’ISC spécialité finance en 1989. Il complète son cursus avec un Master audit & conseil à l’ESCP. Il enchaîne alors avec une première expérience en audit et en commissariat aux comptes chez Arthur Andersen, qu’il quitte rapidement. En effet, Paul veut jouer plus près encore des entreprises et décide de rejoindre une structure plus petite avec des responsabilités plus « hands-on » auprès d’ETI, souvent des groupes familiaux.
Il gère les dossiers « chauds » de retournement ou de procédures judiciaires, pour accélérer sa courbe d’apprentissage et développer ses connaissances dans l’univers des entreprises. Une entrée en matière professionnelle passionnante. Des rencontres enrichissantes avec des hommes et des femmes d’horizons variés. L’occasion aussi de pénétrer le tissu industriel français en profondeur. Une activité rythmée par les visites de sites et d’usines en province.
Une véritable plongée en apnée dans la vie des entreprises et une position idéale d’observation pour préparer sa prochaine étape. Armé de cette première expérience, il décide de sauter le pas.

D’abord en prenant la responsabilité du développement et de la direction de la chaîne de magasins régionaux de textiles du groupe familial. Une bascule radicale entre l’univers des « élites » des grands groupes parisiens et la réalité des acteurs économiques des territoires français. Paul sait s’adapter. Il réussit à tripler la taille de l’activité au cours des 6 ans qu’il passe aux commandes du réseau de distribution du Groupe Ellen.Le début des années 2000 marque son véritable envol.

Il met fin à l’expérience entrepreneuriat familial et à sa « dimension psychologique » très particulière, et tellement formatrice pour sa prochaine activité. Il fonde sa propre entreprise cette fois-ci : Largillière Finance, un conseil financier spécialisé auprès des entrepreneurs. Sa façon d’associer ses deux passions : l’entrepreneuriat et la finance d’entreprise. Adepte de la course de fond et de la marche, Paul aime ce temps long accordé à l’entretien physique et à la réflexion.

En tant que citoyen et entrepreneur, sensible à la complexité de la situation internationale, Paul retourne sur les bancs de l’école en 2020 pour suivre les enseignements de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale et structurer sa réflexion sur les sujets de géostratégie.

Une réflexion mise à profit dans les récentes initiatives ambitieuses de Largillière-Finance en matière de financement de réindustrialisation et de relocalisation, avec pour effets positifs la revitalisation des territoires et de l’emploi en région, et la diminution de l’impact environnemental grâce au renforcement des circuits courts.

Banque d’affaires indépendante basée à Paris, Lyon, Bruxelles et Genève, Largillière Finance conseille ses clients, dirigeants d’ETI et de PME et leurs actionnaires, sur leurs opérations de cessions, d’acquisitions, de levées de fonds et d’ingénierie financière. L’équipe a conduit une vingtaine d’opérations en 2021.

1) Pourquoi être devenu entrepreneur  ?

J’ai toujours vu mon expérience dans l’audit financier comme un troisième cycle d’enseignement. Il s’agissait pour moi avant tout d’acquérir les outils qui me permettraient d’être un meilleur entrepreneur lorsque je me lancerai. Chacune de mes missions d’audit me permettait de me projeter en temps qu’entrepreneur. D’aborder chaque situation en profondeur avec engagement.

Ma première expérience d’entrepreneuriat au sein du groupe familial s’est bien passée avec un développement réussi. Elle m’a permis d’acquérir une bonne compréhension de l’équilibre subtil à trouver entre vision stratégique de long terme et contraintes immédiates, et une double lecture essentielle de l’entreprise dans ses dimensions rationnelles et émotionnelles.

J’ai toujours voulu être entrepreneur : comme un sculpteur face à un tas d’argile j’avais envie de façonner quelque chose d’unique. Pour réaliser mon objectif, j’avais besoin de construire une équipe et une entreprise. J’avais besoin de m’entourer de professionnels enthousiastes, heureux de travailler et d’apprendre.

Avec Largillière Finance, je conjugue ma passion de l’entrepreneuriat, mes compétences en finance, et ma volonté de contribuer à l’intérêt général puisque des entreprises saines créent de la richesse et des emplois.

2) Le chef d’entreprise est-il le seul à entreprendre ?

Non. Tout le monde entreprend. Chacun dans son rôle réunit les dimensions d’un entrepreneur, la gestion d’un budget, d’objectifs, d’interactions avec l’extérieur, de son propre marketing.

Mon rôle est de réunir autour de moi des gens heureux qui apprennent tous les jours et de les associer dans l’évolution permanente de notre entreprise, qui connaît une très forte croissance.
C’est aussi d’être le garant de la rigueur, des valeurs, et de la vision de l’entreprise qui elle-même se nourrit de l’expérience de chaque collaborateur, de chaque client et de chaque situation.

Les clés d’un tel fonctionnement sont la transparence, la bienveillance et la confiance. Nous avons fondé Largillière Finance à deux. Un troisième associé nous a rejoint en 2014. Une nouvelle associée nous a rejoint il y a un an. Et trois de nos directeurs historiques sont sur le point d’être associés. L’un d’entre eux a commencé en tant que stagiaire en 2011.

3) Pour vous, qu’est-ce que la création de valeur ?

C’est d’abord un travail individuel autour de l’amélioration. C’est donner les moyens à chacun de s’épanouir. Et l’épanouissement c’est au sein de l’équipe, c’est auprès des clients mais c’est aussi dans la vie de tous les jours. Un collaborateur bien dans son boulot est bien à la maison.

La création de valeur se manifeste à l’échelle du groupe, où « la confiance crée la performance » comme dit un ami navigateur. Au sein des équipes c’est clé. Ensuite la création de valeur se fait bien sûr dans l’écosystème. Notamment lorsque l’on permet à l’un de nos clients dirigeants de toucher les fruits d’une vie d’entrepreneur. C’est au cœur de notre métier. Dans le cadre d’un LBO c’est de permettre une transmission en associant le management. C’est aussi de créer de la valeur pour des investisseurs dans le cadre d’une opération. Sans investisseur, sans fonds d’investissement, sans banquier prêteur, il n’y a pas de création de valeur, il n’y a pas de création de richesse.

Et puis d’une manière plus large, à notre échelle, en apportant de la joie, du respect, de la confiance, des opportunités de développement personnel à nos collaborateurs, on participe à une société meilleure.

4) Quelles sont les trois ou quatre mesures à prendre pour améliorer
le développement des entreprises françaises ?

Stabiliser
L’incertitude crée l’inquiétude et l’inquiétude crée le désordre. Ma première proposition serait d’encourager la stabilité juridique sur le plan fiscal et social. La stabilité des réglementations pour permettre de travailler dans le temps et non de travailler pour s’adapter à des situations changeantes. Lorsque la fiscalité change, les entrepreneurs sont ralentis dans la cession de leur entreprise et lorsque celles-ci ne sont pas cédées elles risquent de déposer le bilan parce que la cession ne s’est pas faite dans le bon calendrier. Ce qui malheureusement crée du chômage et de la perte de savoir-faire et de valeur.

Simplifier
La simplification administrative est un sujet central. Beaucoup d’entrepreneurs dans beaucoup de métiers sont confrontés à des situations d’une terrible complexité réglementaire alors que leur temps serait bien mieux utilisé à encourager leurs équipes et à développer leur activité.

Relocaliser et réindustrialiser
Une thématique sur laquelle nous souhaitons jouer un rôle au travers des solutions de financement que nous pouvons proposer. Avec les impacts, sociétal et environnemental, dont j’ai parlé plus tôt.

Former
Former les demandeurs d’emploi aux nouveaux métiers répondant aux besoins des secteurs en tension. Encourager chacun à se former tout au long de sa vie. Peut-être aussi créer un cadre plus souple d’accueil des jeunes sans qualification dans les entreprises pour y apprendre un métier.

Planifier
Favoriser une action gouvernementale sur le temps long pour accélérer significativement sur les sujets technologiques tels que l’Intelligence Artificielle ou le quantique, si l’on ne veut pas voir l’Europe et la France faire partie des grands oubliés de la prochaine évolution du monde.jeunes sans qualification dans les entreprises pour y apprendre un métier.

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