Analyse économique

octobre 2018

10 graphes – 10 ans – 2008/2018

Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers faisait faillite, transformant ce qui était déjà un ralentissement économique en une récession d’une ampleur inédite depuis l’après-guerre. Nous vous proposons de célébrer cet anniversaire avec dix graphes qui nous semblent décrire l’évolution de l’économie mondiale depuis lors.

I. Une crise d’une violence inédite

OCDE :
Croissance trimestrielle annualisée du PIB

Graph-Artboard 1_1
L’absence de données historiques empêche de faire des comparaisons mondiales avec les Années Trente, mais la crise de 2008-2009 a vu une contraction de l’activité inouïe. À l’échelle des pays de l’OCDE, le volume d’activité économique baisse de 5% en l’espace de deux trimestres.

II. La dépression qui n’a pas eu lieu

Production industrielle américaine

Graph-Artboard 1_2
La production industrielle américaine est une des rares données calculées depuis assez longtemps pour faire des comparaisons avec les Années Trente. L’activité économique a beaucoup moins baissé qu’alors, mais dix ans plus tard, le niveau est à peu près le même.

III. Un chômage en grande partie résorbé

Taux de chômage

Graph-Artboard 1_3
Dans la plupart des économies développées, le taux de chômage a retrouvé ou est en train de retrouver ses points bas historiques.

IV. Une réponse dominée par les politiques monétaires exceptionnelles

Taille du bilan des principales banques centrales développées
(Fed, BCE, BoJ, BoE, BNS, Riksbank)

Graph-Artboard 1_4
Les gouvernements ont eu recours à l’arme budgétaire, mais l’essentiel du soutien a été apporté par les politiques monétaires, notamment au travers de mesures très inhabituelles pour les banques centrales. Outre des taux d’intérêts extrêmement bas, celles-ci ont acheté plusieurs trillions de dollars d’actifs financiers. Sur les dernières années, on observe des divergences notables. Aux États-Unis, la politique monétaire a été durcie, la politique budgétaire assouplie. L’inverse s’est produit en Europe.

V. Une crise qui a tout de même laissé des traces

PIB en niveau base 100 au troisième trimestre 2008

Graph-Artboard 1_5
La crise a laissé une empreinte durable sur les économies développées qui sont sur un sentier de croissance inférieure à la tendance pré-crise. À l’échelle de la planète, la crise a laissé une marque moins profonde.

VI. Une moindre croissance de la productivité

Croissance moyenne de la productivité du travail

Graph-Artboard 1_6
La croissance de la productivité a ralenti partout dans le monde, dans les économies développées comme dans les économies émergentes. Ceci s’explique notamment par un moindre investissement, malgré les taux très bas, mais aussi par un ralentissement de la productivité globale des facteurs. Or comme nous l’avons rappelé à plusieurs reprises, la productivité est la clé de la prospérité d’une économie.

VII. Une dette redistribuée plutôt que diminuée

Évolution du poids de la dette
(variation du ratio dette / PIB des différentes zones depuis le T3 2008)

Graph-Artboard 1_7
Le désendettement du secteur privé des pays développés a eu pour contrepartie une hausse de la dette publique. La dette privée des pays émergents a fortement augmenté. Cela constitue une fragilité pour l’avenir.

VIII. Des prix de certains actifs financiers très élevés

Indice FMI global des prix de l’immobilier

Graph-Artboard 1_8
Les politiques monétaires très accommodantes ont contribué à une nette appréciation du prix de certains actifs financiers, comme les obligations, ou des prix de l’immobilier, ce qui constitue une autre source de fragilité.

IX. Des interrogations persistantes sur la zone euro

Périphériques: marges de crédit par rapport à l’Allemagne

Graph-Artboard 1_9
Une des conséquences de cette crise financière a été la crise de la zone euro. Alors qu’avant 2008, toutes les dettes des pays de la zone euro traitaient sur des taux d’intérêts très proches, des primes de risque se sont constituées entre les pays.

X. Plus globalement, un contexte politique délétère

États-Unis : Indice de polarisation politique au Congrès

Graph-Artboard 1_10
Dans de nombreux pays, l’environnement politique s’est considérablement polarisé au détriment des partis traditionnels, ce qui contribue à davantage de volatilité.
À l’échelle de la planète, cela s’inscrit dans un contexte marqué par un déclin du multilatéralisme.

Conclusion

Si le pire a été évité, l’économie mondiale présente encore de nombreuses lignes de faille. La faiblesse de la croissance de la productivité est particulièrement préoccupante, mais la dégradation du contexte politique dégrade les institutions qui sont, comme nous l’évoquions le mois précédent, importantes pour créer de la prospérité partagée.

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on Google+